07 septembre 2009
La Chine russophone
Mes visites à Haerbin, Suifenhe et Dalian l'été dernier m'en ont appris plus sur les relations chino-russes. Des envies impérialistes russes sur la Mandchourie, à la fraternité marxiste des années 50, en passant par le reflux de l'armée blanche, les régions du nord-est de la Chine sont un livre ouvert sur l'histoire. Mais il me manquait des histoires vécues, des aventures humaines pour que cela prenne un sens pour moi. Ces dix jours en Mongolie intérieure et au Heilongjiang m'en ont donné l'occasion. Voila ces anecdotes replacées dans la chronologie de l'histoire. Il est difficile de remonter trop loin dans le temps et de trouver des personnes encore vivantes. Un petit restaurant russe de Haerbin, le Café russia 1914, permet de découvrir la vie d'une femme russe arrivée dans la capitale du Heilongjiang au début du XXème siècle. Malgré son arrivée aux origines de la ville qui n'était encore qu'un petit village russe, elle a passe sa vie entière ici. Malheureusement jamais intégrée, elle est cependant restée attachée à cette ville de Haerbin qui transformée aux fils des ans avec l'occupation japonaise, l'ère communiste et la révolution culture. L'énergique babouchka russe (en réalité moitié russe) de 78 ans, chez qui nous avons logé à Lin Jiang est née d'une mère russe et d'un père chinois de la province du Shandong. Après de nombreuses rencontres et autres anecdotes, Yaling élabore une théorie sur cette incroyable union des années 1930. Comme nous le confirment des paysans de Mohe, au fort accent du Shandong, une terrible sécheresse en 1932 poussa des paysans du Shandong à l'exode. Ces refugiés climatiques, comme on dirait aujourd'hui, ont donc choisi de se rendre dans des régions plus au nord, encore faiblement peuplées. Au même moment, les rescapés de l'armée Blanche errent entre la Sibérie, la Mongolie et la Mandchourie. Cette armée blanche décimée par les combats et l'alcool compte dans ses rangs plus de femme que d'hommes. Par je ne sais quel moyen, ces deux populations vinrent à s'unir. Les différences culturelles et linguistiques devaient être immenses, mais pas insurmontables pour ces gens dont le désir de survivre devait être plus fort que tout. L'exode de population des années 30 a du créer des liens durables entre la Mandchourie et le Shandong. Car plus tard d'autres habitants du Shandong migreront à nouveau dans ces provinces du nord et prendront des russes pour épouses. C'est le cas de notre logeuse de "En He". Elle nous montre des photos de sa mère, une jeune russe dans les années 50, à une époque ou une même idéologie unissait russes et chinois. Durant une quinzaine d'années, les deux pays vont coopérer fraternellement et encourager les mouvements aux frontières. Aujourd'hui leurs descendants gardent encore une forte identité russe malgré les métissages. J'explique cela par le rôle des femmes dans la transmission de la culture russe. Mais il n'y a pas que cela dans la chine russophone: j'ai beaucoup voyage en Chine, et déjà circulé tout prêt de nombreuses frontières. Ces frontières avec la Russie sont elles ou j'ai trouvé des relations de voisinage les plus normalisées, selon nos critères européens (du moins vu du coté chinois). Pour ceux qui ne connaisse pas la Chine, je vais détailler ce point: il y a des minorités et des populations communes de part et d'autre de toutes les frontières chinoises, mais la frontière avec la Russie est la seule ou j'ai vu les chinois, de l'ethnie majoritaire Han, apprendre la langue de l'autre pays, ici le russe. J'ai pu observer que de nombreuses personnes parlaient le russes dans les villes de Mongolie intérieure et du Heilongjiang que nous avons traversées. Je m'en rends surement mieux compte car ils me prennent tous pour un russe et donc me parlent en russe. Mais mon analyse n'est pas basée sur cette seule observation. J'ai pour habitude de demander aux gens les langues qu'ils parlent. Aucun Han ne parle aussi bien le coréen, le mongol, le kazakh, le kirghize, l'hindi, le népalais, le birman, le laotien, le vietnamien que les Hans du nord-est ne parlent le russe.
La Chine russophone
Mes visites à Haerbin, Suifenhe et Dalian l'été dernier m'en ont appris plus sur les relations chino-russes. Des envies impérialistes russes sur la Mandchourie, à la fraternité marxiste des années 50, en passant par le reflux de l'armée blanche, les régions du nord-est de la Chine sont un livre ouvert sur l'histoire. Mais il me manquait des histoires vécues, des aventures humaines pour que cela prenne un sens pour moi. Ces dix jours en Mongolie intérieure et au Heilongjiang m'en ont donné l'occasion. Voila ces anecdotes replacées dans la chronologie de l'histoire. Il est difficile de remonter trop loin dans le temps et de trouver des personnes encore vivantes. Un petit restaurant russe de Haerbin, le Café russia 1914, permet de découvrir la vie d'une femme russe arrivée dans la capitale du Heilongjiang au début du XXème siècle. Malgré son arrivée aux origines de la ville qui n'était encore qu'un petit village russe, elle a passe sa vie entière ici. Malheureusement jamais intégrée, elle est cependant restée attachée à cette ville de Haerbin qui transformée aux fils des ans avec l'occupation japonaise, l'ère communiste et la révolution culture. L'énergique babouchka russe (en réalité moitié russe) de 78 ans, chez qui nous avons logé à Lin Jiang est née d'une mère russe et d'un père chinois de la province du Shandong. Après de nombreuses rencontres et autres anecdotes, Yaling élabore une théorie sur cette incroyable union des années 1930. Comme nous le confirment des paysans de Mohe, au fort accent du Shandong, une terrible sécheresse en 1932 poussa des paysans du Shandong à l'exode. Ces refugiés climatiques, comme on dirait aujourd'hui, ont donc choisi de se rendre dans des régions plus au nord, encore faiblement peuplées. Au même moment, les rescapés de l'armée Blanche errent entre la Sibérie, la Mongolie et la Mandchourie. Cette armée blanche décimée par les combats et l'alcool compte dans ses rangs plus de femme que d'hommes. Par je ne sais quel moyen, ces deux populations vinrent à s'unir. Les différences culturelles et linguistiques devaient être immenses, mais pas insurmontables pour ces gens dont le désir de survivre devait être plus fort que tout. L'exode de population des années 30 a du créer des liens durables entre la Mandchourie et le Shandong. Car plus tard d'autres habitants du Shandong migreront à nouveau dans ces provinces du nord et prendront des russes pour épouses. C'est le cas de notre logeuse de "En He". Elle nous montre des photos de sa mère, une jeune russe dans les années 50, à une époque ou une même idéologie unissait russes et chinois. Durant une quinzaine d'années, les deux pays vont coopérer fraternellement et encourager les mouvements aux frontières. Aujourd'hui leurs descendants gardent encore une forte identité russe malgré les métissages. J'explique cela par le rôle des femmes dans la transmission de la culture russe. Mais il n'y a pas que cela dans la chine russophone: j'ai beaucoup voyage en Chine, et déjà circulé tout prêt de nombreuses frontières. Ces frontières avec la Russie sont elles ou j'ai trouvé des relations de voisinage les plus normalisées, selon nos critères européens (du moins vu du coté chinois). Pour ceux qui ne connaisse pas la Chine, je vais détailler ce point: il y a des minorités et des populations communes de part et d'autre de toutes les frontières chinoises, mais la frontière avec la Russie est la seule ou j'ai vu les chinois, de l'ethnie majoritaire Han, apprendre la langue de l'autre pays, ici le russe. J'ai pu observer que de nombreuses personnes parlaient le russes dans les villes de Mongolie intérieure et du Heilongjiang que nous avons traversées. Je m'en rends surement mieux compte car ils me prennent tous pour un russe et donc me parlent en russe. Mais mon analyse n'est pas basée sur cette seule observation. J'ai pour habitude de demander aux gens les langues qu'ils parlent. Aucun Han ne parle aussi bien le coréen, le mongol, le kazakh, le kirghize, l'hindi, le népalais, le birman, le laotien, le vietnamien que les Hans du nord-est ne parlent le russe.
31 août 2009
Haerbin
Dernière étape de notre voyage, on retrouve Haerbin avec plaisir. C'est une de mes villes préférées en Chine, surement parce que j'habite Xi'an depuis longtemps. J'apprécie donc l'architecture russe et la tranquillité estivale d'Haerbin, loin de la moiteur des autres villes au sud. Je me demande toujours quel héritage les russes ont ils laissé de leur présence, mis à part les superbes bâtiments du quartier "Da li qu". En fait pas mal de choses: surtout une atmosphère rare en Chine: le long de la rue centrale, une grande rue piétonne, les concerts et les performances se multiplient. Les touristes planent le long de cette artère, ou l'on ressent une ambiance de festival. Dans la soirée, on retourne au "Café Russia 1914". L'intérieur ressemble à celui d'une maison russe bourgeoise, d'ailleurs la plupart de ces meubles et objets viennent de la maison d'une russe qui a passé sa vie à Haerbin. Cette fois ci, on en profite pour découvrir les traces du passe de l'énorme communauté russe juive qui développa Haerbin dans la première moitie du XXème siècle. Le musée juif, situé dans la nouvelle Synagogue, présente une superbe exposition agrémentée de nombreuses photos d'époque. Notre hôtel nous replonge aussi dans ce passé juif: on passe la nuit dans l'auberge de jeunesse située dans l'ancienne Synagogue. Et on reste un long moment dans le café situé dans le même bâtiment. Un moment tellement appréciable qu'on fini par être en retard pour notre vol de retour pour Xi'an.
29 août 2009
Wu Da Lian Chi
Apres une longue nuit dans le train de Mohe à Nenjiang, passée à essayer de trouver le sommeil sur nos sièges car il n'y avait plus de couchettes, on prend un bus pour nous rendre à Wu Da Lian Chi. C'est une zone volcanique, ou la dernière éruption remonte au 18ème siècle. Wu Da Lian Chi devait surement être une tranquille petite bourgade il n'y a seulement 10 ans. Aujourd'hui le site est en plein expansion. Bien qu'éloignée de la frontière russe et de Haerbin, il y a la un énorme potentiel touristique que les investisseurs n'ont pas l'intention de laisser passer. Tout d'abord, ils ont commence par exploiter les sites naturels: volcans, coulées de laves, grottes, lacs, cascades. Franchement rien d'extraordinaire pour qui a déjà vu un volcan auparavant. En plus de ca , les tickets d'entrée sont assez chers et de plus la visite nécessite un véhicule. Ce la nous dissuade de visiter ces endroits. On préfère se balader à pied autour de notre hôtel. On découvre d'ailleurs des choses intéressantes: une source d'eau minérale ou viennent se ravitailler tous les gens du coin. Puis un volcan gratuit. Enfin pour le moment, car une temple est en construction dans son cratère. Ce sera assurément très cher par la suite. La deuxième raison de venir à Wu Da Lian Chi est de faire une cure thermale, avec des soins à base de boue volcanique, ses bains d'eau de source, son eau pétillante et ses saunas. Un vrai petit Vichy chinois. D'ailleurs la clientèle russe ne s'y trompe pas. L'été, ils sont prêt d'un millier à séjourner en permanence dans le village pour faire une cure. On en profite nous aussi pour essayer. L'hôtel "gongren liaoyangyuan", propose pour 80 rmb, deux heures de sanatorium (soin de boue volcanique, sauna, bain d'eau minérale). Très apprécié des russes, cet établissement accueille la plupart d'entre eux à Wu Da Lian Chi. Pour preuve, tout le monde parle russe ici, et les boutiques aux alentours ont toutes des enseignes en russes. Les deux heures de soin nous font un bien fou après notre semaine de routard. Le repas russe qu'on prend ensuite au bar de l'hôtel est aussi très agréable. On s'offre aussi la première grasse matinée du voyage. Ca ressemble enfin à des vacances.
28 août 2009
Les deux accidents
3h45, le réveil est difficile, mais je n'ai pas trop mal dormi dans cet hôtel à 15 rmb (1.5 euros) par personne. Notre taxi arrive à 4h. La voiture est couverte de givre, tout comme la campagne. Il n'y a pas qu'en hiver qu'il fait froid ici. Nous voila donc en route pour Mohe, le point le plus au nord de la Chine. Il ne fait déjà plus totalement nuit. Une légère brume recouvre encore la vallée. Apres 30 minutes de route, la luminosité est assez forte pour ne plus avoir à utiliser les phares, et notre chauffeur accélère encore l'allure. En fait, il va même très vite sur cette route de terre. Mais cela ne me choque pas spécialement après le chauffeur qu'on a eu les trois premiers jours. Et puis je somnole, donc je ne me rends pas vraiment compte du danger. Jusqu'au moment, ou à la sortie d'une courbe, on se retrouve face à face avec deux véhicules. Notre chauffeur bien au milieu de la route, arrive à redresser la voiture pour se replacer plus à droite, mais ne parvient pas à freiner la voiture. Le véhicule d'en face qui était en train de doubler, ne semble pas faire grand chose pour nous éviter, sans doute surpris par notre vitesse. Du coup, ce qui devait arriver arriva: un choc entre les deux véhicules sur tout le flanc, et notre voiture qui finit sa course dans le fossé. Les portières sont bloquées par le végétation, mais on arrive à sortir assez rapidement, pour constater les dégâts, et voir notre chauffeur piquer une colère car l'autre véhicule ne s'est pas arrêté. Il monte alors dans un petit camion , celui qui se faisait doubler, pour tenter de les rattraper. En attendant, il est 5h30 du matin, il fait 4 dégrées et aucun véhicule ne passe dans la direction de Mohe. Finalement un camion peut nous conduire sur quelques kilomètres. Puis un autre taxi nous prendra un peu plus tard. Apres toutes ce péripéties, je me remets à somnoler et ... Bang! Nouveau choc. Moins violent cette fois: une moto vient de nous arracher le rétroviseur. Il n'y a qu'en Chine que ce genre d'accident arrive: trois voitures pourrait se tenir de front sur cette route, et il faut qu'ils se frôlent en se croisant. Reste que tout se complique maintenant. Notre chauffeur réclame immédiatement 150 rmb pour son rétroviseur à ce pauvre paysan à moto. J'explique à notre chauffeur qu'il roulait du cote gauche de la route, donc que c'est lui qui est en faute. Et je dis au paysan de lui demander de l'argent à son tour. Mais ca ne change rien à l'histoire. Le chauffeur est un gueulard et sait bien que celui qui gueule le plus fort a forcement raison en Chine. Un autre paysan qui était allé chercher de l'argent au village, revient avec 100 rmb. Ce qui ne convient toujours pas au chauffeur. Un début de bagarre éclate au milieu de la route. C'est a ce moment qu'on décide de prendre nos bagages et de partir a pied. D'autres paysans commencent à affluer. J'espère que ca leur donnera plus de courage contre se chauffeur. Peu après, on arrête une autre voiture. Il s'agit cette fois d'un touriste de Beijing, qu'on avait rencontre le matin même à notre hôtel. Ce touriste providentiel va justement au même endroit que nous: au petit village de Mohe, le point le plus au nord de la Chine. A notre arrivée, je suis un peu déçu: Mohe est loin d'avoir le charme des petits villages ou nous nous sommes arrêtés les premiers jours. De plus, il s'agit d'un parc touristique à la chinoise: avec un ticket d'entre de 60 rmb par personne, et 100 rmb par véhicule (absolument pas nécessaire car il n'y a que 3 kms à marcher, alors on laisse la voiture à l'entrée du parc). Finalement il n'y a pas grand chose à voir, mis à part les nombreuses statues et inscriptions modernes devant lesquelles les touristes se prennent en photo. On fait de même, car nous sommes aussi des touristes, et puis on est tout de même au point le plus au nord du territoire chinois, ou comme il est écrit en anglais: le pole nord chinois. La visite reste tout de même intéressante: cela me permet de photographier la rive russe totalement vierge, et d'observer l'immense vague de construction qui sévit sur la rive chinoise depuis environ deux ou trois ans. Ca construit de partout: chalets en bois, hôtels de luxe, nouvelles routes. Sans oublier l'aéroport à "Mohe ville" à 60 kms de la. Je ne comprends pas la logique de tous ces investissements, mais Yaling me rappelle que la Chine aime avoir ses destinations touristiques prestigieuses, par exemple pour les congrés ou les visites de chefs d'état. Le modèle serait peut-être la ville canadienne de Calgary. C'est peut-être pourquoi, de nombreuses maisons sont décorées d'une fausse tête d'élan, comme cela se fait parfois au Canada.
27 août 2009
La journée en train
La distance ne parait pas démesurée sur la carte, mais il va nous falloir 13 heures pour aller en train de Hailaer à Mangui. Que faire pendant tout ce temps ? Exactement ce que font tous les autres passagers chinois: manger, dormir, discuter, jouer aux cartes. Trois jeunes sont assis en face de nous, ce sont de bons partenaires pour boire des bières et jouer aux cartes. 13 heures dans un train chinois, c'est très long. Il y a ceux qui fument autour de nous, ceux qui crient dans leur téléphones, ceux qui n'ont pas eu le temps de prendre une douche cette semaine, ceux qui écoutent de la pop chinoise saturée sur leur portable. Bref une longue journée, ou je m'évade en regardant les paysages par la fenêtre. Heureusement on rencontre des gens très sympas, comme ces trois jeunes en face de nous, ou ce groupe de retraites de Beijing qui traverse le nord de la Chine à vélo. Les femmes les suivent aussi et les rejoignent à chaque étapes. A l'arrivée à Mangui, il fait déjà nuit et bien froid, dans cette petite ville, terminus de la ligne. L'hiver dernier le thermomètre était descendu à -56 dégrées. On trouve un petit hôtel qui nous informe que la route pour Mohe est en travaux et bloquée la majeure partie de la journée. Cela nous obligera à partir a 4h du matin. La nuit va être courte car il est déjà 23h.
26 août 2009
Les pairies de Hairlaer
Au petit matin, après un autre bol de myrtilles et des tartines à la confiture de myrtilles, on fait encore un petit tour dans le village. Mais le mauvais temps nous dissuade de parcourir à pied les 10 kms qui séparent le village de Lin Jiang de celui de Shi Wei. Notre chauffeur nous conduit alors jusqu'à Shi Wei, d'ou l'on peut voir un petit village russe juste de l'autre coté de la rivière. Il n'y a pas de pont ni de trafic passager, par contre il y a un poste de douane pour les marchandises, en particulier le bois. On quitte enfin Shi Wei, pour entreprendre notre long trajet vers le sud pour atteindre Hailaer en fin d'après midi. Cela nous permet de revoir tous les paysages de ces trois jours: grandes forets de boulots, collines couvertes de fleurs sauvages, champs de blé, et enfin les grandes prairies ou l'on voit ci et la les yourtes des nomades et leurs troupeaux. Dans l'après midi, on s'arrête pour deux visites: tout d'abord, un site spectaculaire ou une rivière serpente au milieu de marécages et de cultures inondées. Puis pour voir une autre rivière serpenter mais cette fois ci c'est au milieu de la prairie. Les environs de Hailaer offrent surement les meilleurs paysages "mongol" de Chine. Malheureusement nous ne faisons que les traverser. Il se fait tard et nous devons arriver à Hailaer avant la nuit. On abandonne notre chauffeur qui rentre sur Manzhouli, et on va continuer en train sur Mangui, dans l'extrême nord de la province de Mongolie Intérieure.
25 août 2009
Les villages russes
La brume se lève lentement sur le petit village de "En He". Et nous aussi dans notre charmante petite maison. La lumière du jour me permet de mieux découvrir la décoration , notamment toutes les photos, ou ces icones orthodoxes dans le coin prêt du plafond. Au petit déjeuner c'est tartines à la confiture de myrtilles, faite maison bien sur. Puis on se balade dans le village. On prend se prend en photo devant l'église orthodoxe, au dôme recouvert d'or, qui brille de tout son éclat. Yaling fait un tour à cheval, au triple galop. Puis on se promène encore dans les quelques rues du village, qui semble assez grand, peut-être mille ou deux milles habitants. Les maisons sont petites et simples, de plein pied, avec de grandes fenêtres. La cuisine est souvent dans une annexe. Apres cette visite, et de longs adieu à notre logeuse, on remonte en voiture pour aller plus vers l'est à travers de grandes forets de bouleaux et de sapins. L'écorce blanche des bouleaux contraste fortement avec le ciel charge de nuages sombres annonciateurs de la pluie. Celle ci ne se fait d'ailleurs pas attendre. Il commence à pleuvoir vers midi quand on arrive juste dans un restaurant pour faire préparer les champignons qu'on a acheté sur la route à des paysans. Il pleut ensuite pendant deux ou trois heures jusqu'à ce qu'on arrive au village de "Shi Wei" tout proche de la frontière russe. Mais on ne reste pas au à "Shi Wei". On préfère longer la frontière russe sur encore 10 kms pour aller au village de "Lin Jiang". Coup de chance: des qu'on arrive dans ce petit village, le soleil perce enfin les nuages. On monte une petite colline qui surplombe le village: la vue est superbe: une lumière rasante vient illuminer ce paisible village. Je n'arrive pas à décrire cela:, les photos parleront d'elles mêmes. La journée touche à sa fin: les vaches rentrent à l'étable, les chevaux vont s'abreuver à la rivière. Tout a l'air tellement paisible, et chaque chose à sa place. Ce village a vraiment quelque chose de rassurant, pour le moins en cette saison. Mais la journée n'a pas encore révèlé toutes ses surprises. De retour dans notre "hôtel", je découvre enfin la famille qui nous accueille. D'origine russe, la communication de s'établit pas facilement. Puis après le repas que l'on prend séparément d'eux, je rentre dans la cuisine ou les hommes et la grand-mère sont en train de manger … et de boire de l'alcool de riz. Forcement, ils me proposent un petit verre que je ne refuse pas. Je ne refuse pas non plus le grand bol de myrtilles aux sucres qu'une fille m'apporte. Il y a la mère, 78 ans, et ses deux fils, qui sont âgés entre 40 et 50 ans. Les filles, ou plutôt les petites filles de la babouchka, qui nous ont servi à table ne sont pas assises avec nous. Très timides, elles ne parlent pas trop avec nous. La soirée ne fut pas très longue, mais il y a beaucoup à dire sur cette rencontre. La grand-mère boit et fume plus que tout le monde. Elle comprends le chinois, mais ne le parle pas. Elle ne parle que le russe. Pourtant elle est métissée: sa mère est russe er son père chinois de la province du Shandong (tout comme le père de notre logeuse de la veille). Le fils ainé ressemble vraiment à un russe avec sa forte carrure, ses yeux bleus et son teint rosé. Il dit qu'il aime bien les français mais pas les chinois, qu'il décrit en montrant son petit doigt. J'imagine que ca n'a pas toujours être facile d'être issu de la minorité russe en Chine. La veille notre logeuse nous avait expliqué que les minorités russes avaient souffert pendant la révolution culturelle. Mais tout cela est du passé. Puis Yaling lance l'idée d'un feu de bois dans la court de la maison. Et nous voila tous réunis: chinois, russes, et moi français pour chanter et danser tous ensemble. Même la vielle grand-mère danse avec nous: elle nous apprend une danse en ronde autour du feu, et arrive même à chanter en même temps qu'elle danse. Ses petites filles sont plus timides, mais je danse qu'en même avec l'une d'elles. Elle a 22 ans. Elle travaille dans une ville de la province, et rentre l'été dans son petit village pour aider sa famille à accueillir quelques touristes. Ce ne doit pas être facile de grandir dans ce village, aussi beau qu'il soit.
24 août 2009
La traversée des steppes
Ce voyage a été motivé par la lecture de deux superbes livres sur les mongols et les récits de voyages dans l'Empire Mongol. Il était donc absolument nécessaire de commencer ce voyage en Mongolie intérieure par la traversée des steppes, immenses et bien vertes à cette saison. Il n'y a pas d'habitations ici. Seulement quelques yourtes ici et là. Ce sont des campements des zones de pâturages estivales. Mais les steppes du XXIème siècle, ce sont aussi des tracteurs qui coupent l'herbe sur des kilomètres carrés pour servir de fourrage pour l'hiver. Le voyage en voiture est très confortable, mais il faut aussi se donner un peu de mal pour grimper sur les petites collines d'ou l'on voit des rivières serpenter dans la plaine. Apres une matinée à traverser la steppe, le voyage en Mongolie intérieure se transforme en voyage en Russie intérieure. Le paysage change: plus montagneux, de petits arbustes apparaissent, les vaches remplacent les moutons. Mon téléphone portable indique le nom d'un operateur russe (RUS MTR). Les paysans s'activent: les moissonneuses coupent l'herbe que les tracteurs transportent sur d'immenses remorques. Puis apparaissent des champs de céréales et enfin des forets. Toujours assis confortablement dans la voiture, j'ai l'impression de regarder un documentaire à travers la fenêtre: je suis étonné par la vitesse à laquelle les paysages changent, très loin de la monotonie que j'imaginais. Ca fait longtemps qu'on a quitté la route goudronnée pour une piste en terre. Pendant plus d'une heure on longe ne rivière qui sert de frontière avec la Russie. Juste en face de nous, ce sont des paysans russes qui travaillent. Les villages russes sont plus grands et plus nombreux que les quelques hameaux que l'on a traversés coté chinois. Apres avoir passé un après-midi à contempler la Russie, il ne nous manque plus que de rencontrer des russes. Voila chose presque faite dans le petit village de "En He" ou nous nous arrêtons pour passer la nuit. Je dis "presque" car cela fait bien deux ou trois générations que plus personne n'est totalement russe dans ce village. Par contre on rencontre beaucoup de métis aux yeux bleus et aux cheveux clairs, pour autant qu'on puisse dire, car ces personnes ont aux alentours de 60 ans et donc les cheveux grisonnants. Une vieille femme me parle en russe. Et m'invite à m'assoir avec eux. Finalement nous allons passer la nuit dans leur maison qu'ils louent pendant l'été. Elle et son mari sont tous les deux métissés: dans la grande chambre aux meubles colorés, elle nous montre de vieilles photos de famille, surtout sa mère avec ses amies russes. Puis elle nous prépare des tartines de miel sur du pain russe brioche. On prend le repas dans la maison d'en face ou sont restés nos amis: la cuisine russo-chinoise a un gout très familier, surtout le plat de pommes de terres avec les croquettes de viande. Pour terminer la soirée, notre logeuse nous propose de se laver "à la russe". On ne sait pas très bien de quoi il s'agit. On le découvrira après le repas quand elle nous amène dans une petite maisonnette au fond du jardin. En ouvrant la petite porte, une bouffée de vapeur nous réchauffe le visage: le sauna est prêt pour nous. Même si la température extérieure n'est pas très basse en cette saison, cela fait vraiment du bien. J'imagine le bonheur que ce doit être quand le thermomètre descend à -30 ou -40 dégrées en plein hiver.
23 août 2009
Da Lai Hu
Si les touristes russes ne semblent être intéresses que par le shopping. Nous, nous allons faire comme les touristes chinois, et aller voir le grand lac de Da Lai Hu. Finalement, nous n'allons pas exactement faire comme les touristes chinois, qui ne se rendent à cet immense lac uniquement pour manger, faire du quad ou un tour en bateau. On préfère aller marcher un peu, et de rejoindre un troupeau de chevaux. Ces chevaux semi-sauvages ne se laissent pas approcher facilement. Pas plus que les oies et canards sauvages. On réalise quand même quelques beaux clichés avec le lac d'un coté et la prairie de l'autre. Le reste de la journée sera consacre à la préparation des jours suivants. Nous allons partir trois jours en voiture dans le nord-est de Manzhouli.



































































